En 2021, 9 456 victimes de violences sexuelles ont reçu des soins médicaux et/ou psychologiques dans les structures médicales appuyées par Médecins Sans Frontières (MSF), soit plus d’une victime par heure.
Nos équipes ont pris en charge les survivant·e·s de violences sexuelles dans des contextes et localisations variés, souvent dans des régions difficiles d’accès, comme les zones de santé d’Angumu, Bambu, Drodro, Boga, Nizi (Ituri) ; Masisi, Mweso, Rutshuru, Walikale, Bambu, Kibirizi, Goma, Binza (Nord-Kivu) ; Kalehe (Sud-Kivu) Salamabila (Maniema) ou encore Kananga, Tshikaji, Bobozo et Lukonga (Kasaï-Central).
Partie émergée de l’iceberg
Au vu des nombreuses barrières d'accès aux soins auxquelles les victimes sont toujours confrontées, le nombre de cas de violences sexuelles pris en charge en charge par MSF, en collaboration avec le Ministère de la Santé, ne représente que la partie émergée de l’iceberg.
Les violences sexuelles constituent une urgence médicale qui nécessitent des soins immédiats. Néanmoins, en 2021, un tiers des victimes prises en charge par MSF se sont présentées dans la structure de santé après 72 heures. Les obstacles qui freinent le recours aux soins des victimes vont de la méconnaissance du traitement à l'éloignement géographique des structures de santé, en passant par la peur des représailles de la part des agresseurs ou celle d’être rejetées par leur communauté. De nombreuses structures de santé du pays manquent aussi de personnel formé et de médicaments pour la prise en charge des victimes.
En temps de conflit mais pas que…
Les violences sexuelles sont commises tant dans les provinces touchées par un conflit actif que dans celles considérées comme plus stables. En effet, si les conflits augmentent clairement le risque d’agression sexuelle, nos données montrent que ces violences sont aussi largement commises par des civils, y compris dans un cadre familial.
Double peine
Au traumatisme de l’agression s’ajoutent des conséquences sociales et économiques dramatiques sur le long terme pour les survivant·e·s de violences sexuelles : meurtre du conjoint, perte de l’emploi, du champ ou de la maison, rejet de leur entourage. Pour survivre, les victimes sont souvent contraintes de s’endetter, de se prostituer, ou quand il s’agit de personnes déplacées, de retourner dans leurs villages d’origine pour chercher de la nourriture, s’exposant alors au risque d’une nouvelle agression sur la route.
Il existe encore trop peu de programmes de soutien des survivant·e·s sur le long terme en RDC, et très peu sont centrés sur le soutien socio-économique (hébergement, formation, assistance financière, etc.) que beaucoup de victimes demandent.
Il est nécessaire de mettre en place des programmes de protection afin de répondre aux besoins urgents et à long terme de ces personnes, et d’accroître la sensibilisation sur les violences sexuelles pour diminuer la stigmatisation des victimes. À défaut, les survivant·e·s continueront de subir une double peine.

Double Souffrance | SHORT DOCU FR
Articles

MSF vaccine près de 70 000 enfants contre la rougeole en réponse à une flambée de cas à Kampene et dans d’autres zones du Maniema

Est de la RDC : Une enquête MSF montre l’ampleur et le cycle ininterrompu des violences faites aux femmes déplacées par la guerre

Cinq questions sur l’épidémie de Mpox en RDC

Nord-Kivu : MSF soutient l’hôpital de Kyeshero face au besoin à l’augmentation des cas de la malnutrition grave

Equateur : améliorer la mobilisation et la logistique pour faire reculer la rougeole
